Cuisson |
  Merci
à Nancy, diététicienne, pour l'aide apportée
à la rédaction de cette fiche.
Modifications physiques et organoleptiques apportées par la cuisson
:
La cuisson peut modifier l’aspect, la couleur, l’odeur,
la saveur, la consistance, le volume, le poids, le goût des aliments...
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 I.
La couleur...
La cuisson peut modifier la couleur d’origine des aliments, et ceci
en fonction de leur nature (animale ou végétale), leur composition
chimique et du mode de cuisson.
Par exemple, lorsqu’on les fait griller, sauter, rôtir
ou frire, les viandes se colorent
extérieurement.
Lors de la cuisson, les protéines
et pigments des viandes (myosine, myoglobuline, myoalbumines, etc…)
coagulent et changent de couleur.
Le
changement de couleur des végétaux dépend :
• De la nature de leurs pigments
• Du degré d’acidité
du milieu de cuisson
• De certaines enzymes présentes
dans leurs tissus
 La
chlorophylle (pigment vert) jaunit
lorsque le légume cuit trop longtemps
à couvert. Il faudra donc cuire les légumes verts à
découvert.
Les
flavones (pigments jaunes) deviennent plus claires en milieu acide
et plus foncées en milieu basique.
La cuisson ou le blanchiment immédiat
des légumes verts dans l’eau
bouillante salée
permet d’inactiver immédiatement les enzymes
responsables du jaunissement.
 Les
anthocyanes (pigments bleus-rouges) rougissent en milieu acide
et deviennent pourpres ou violettes en milieu basique. Ceci est visible
lors de la cuisson ou l’assaisonnement
du chou rouge ou des betteraves.
 Les
tanins sont responsables du brunissement ou du noircissement de certains
fruits et légumes coupés. Le noircissement peut être
retardé ou évité par l’utilisation de jus de
citron ou un autre élément
acidifiant.
Les préparations riches en amidon
(farine, roux, pâtes,
pâtisseries, mie de pain) chauffées se dextrinisent, caramélisent
puis carbonisent. Ceci se remarque lors de la cuisson du pain, des pâtisseries,
des aliments farinés sautés ou frits.
Remarque : Les produits carbonisés sont toxiques !
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 II.
L’odeur...
La cuisson peut libérer certains arômes
volatiles et permettre aux arômes emprisonnés dans l’aliment
de venir parfumer le milieu de cuisson.
Certaines techniques de cuisson permettent de préserver, développer
ou concentrer les parfums.
D’autres techniques permettent de se débarrasser volontairement
de certains composés volatiles désagréables (par exemple,
l’odeur soufrée des choux peut être éliminée
par cuisson à découvert.). |
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III.
La saveur...
Selon la technique utilisée, la cuisson renforce ou atténue
le goût des aliments.
•
Certains composés sapides et solubles dans l’eau
(acides aminés provenant d’une
réaction chimique des protéines, arômes, sucres, sels
minéraux) migrent sous l’action de la chaleur, soit vers
l’intérieur de l’aliment (il se concentre en goût),
soit vers l’extérieur (il donne son goût au milieu
de cuisson)
• A l’inverse, des arômes
extérieurs à l’aliment, provenant par exemple du fond,
du fumet, de la garniture aromatique,
de liquides salés ou sucrés, passent à l’intérieur
de l’aliment.
• La dextrinisation et la caramélisation
des amidons et des sucres fait apparaître
des composés aux saveurs caractéristiques.
• Les corps gras utilisés pour la cuisson transmettent leur(s)
saveur(s) aux aliments ainsi que la nature et la quantité de garniture
aromatique utilisée.
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IV.
Le volume et le poids...
La cuisson peut modifier le volume et le poids des aliments.
  Plusieurs
phénomènes peuvent être observés :
• Perte en eau par déshydratation
superficielle pour les aliments cuits par concentration, au four
ou à l’étuvée.
• Perte en matière grasse par fusion à la chaleur
• Augmentation du volume par réhydratation pour les pâtes,
le riz, les légumes secs et tous les
produits déshydratés.

• Certaines techniques de cuisson en cocotte,
en papillote,
par exemple, permettent de limiter avantageusement les pertes en eau des
aliments
Le choix du mode de cuisson, du matériel le plus approprié,
le respect des durées de cuisson et le réglage précis
des températures sont autant de points importants à surveiller
si l’on désire limiter les pertes en poids et en volume des
aliments. |
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V.
La consistance...
Les aliments correctement cuits sont généralement
plus tendres, plus onctueux et plus digestes. Les modifications apportées
par la chaleur ont plusieurs explications :

• La coagulation des protéines
animales ou végétales
• Le ramollissement des tissus conjonctifs à base de collagène
lors de la cuisson des viandes. Plus une viande est riche en tissus conjonctifs
(collagène : substance gélifiée et collante qu’on
retrouve sur certaines viandes après la cuisson), plus la durée
de cuisson nécessaire est longue. Les poissons renferment peu de
collagène et cuisent donc plus rapidement.
• Le ramollissement des fibres des
végétaux
• L’amidon cru est indigeste.
Cuit en milieu humide, il prend également une consistance gélifiée
(empois d’amidon). Ceci se remarque lorsqu’on épaissit
des crèmes, potages, sauces… Cuit en milieu sec (au four
par exemple) et à température élevée,
l’amidon se dextrinise, caramélise
plus ou moins, durcit, devient croustillant et colore
les aliments qui en sont riches (pain, pâtisseries, gratins…) |
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 Modifications
chimiques...
La cuisson modifie la structure de certaines molécules de l’aliment
et peut ainsi les rendre plus digestes.
La cuisson apporte une garantie sanitaire aux aliments :
• En inhibant ou détruisant certains micro-organismes indésirables
(moisissures, levures, bactéries d’altération, bactéries
pathogènes), en fonction de la température atteinte et de
la durée de cuisson
• La cuisson rapide préserve mieux la teneur vitaminique
des aliments (vitamine C dans les végétaux
par exemple)
Paradoxalement, la cuisson prolongée détruit une grande
partie des vitamines sensibles à la chaleur (A,
C, B1,
B5, B12
par exemple)
• La cuisson à l’anglaise
fixe la couleur verte des végétaux riches en chlorophylle.
• La cuisson peut modifier la valeur nutritionnelle des aliments
en leur faisant perdre toutes sortes de composés solubles dans
l’eau (sels
minéraux, vitamines hydrosolubles,
protéines, sucres)
• La cuisson facilite la migration de certains composés rendus
solubles : soit vers l’intérieur de l’aliment, soit
vers l’extérieur, selon le mode de cuisson choisi. |
 Astuce
à retenir...
Compter seulement le temps de cuisson à partir de l'ébullition
et jamais au moment où vous mettez les légumes ou les pâtes.
Cuire 15 minutes signifie : mettre votre légume ou vos pâtes
dès que l'ébullition est atteinte; mais le temps de
cuisson démarre dès que le liquide bout une seconde fois. |