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Supertoinette | la cuisine familiale

Epiphanie ou Jour des Rois

Dans la tradition catholique et jusqu'au 5e siècle, on fêtait le 6 janvier toutes les manifestations de Jésus sur la terre : la naissance de Jésus, l'adoration des Rois mages, le baptême du Christ, certains miracles accomplis par Jésus.

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Des Épiphanies comme on n'en connaît plus !

En 1521, le jeune François 1er, accompagné de sa cour,  fêtait l'Epiphanie à sa façon.
Le Comte de Saint Pol avait été désigné roi en tirant la fève.
François décida alors de lui reprendre le titre en assiégeant son hôtel particulier à coup d'oeufs, de fruits et de boules de neige.
Le Comte et ses suivants répondirent en jetant sur leurs adversaires toutes sortes de victuailles et autres matières disponibles... 
C'est ainsi que François finit sur le pavé, évanoui pendant quelques instants, bien assommé par une bûche lancée par l'équipe du Comte. ..

La Fête de l'Épiphanie dans l'Église latine

Dans la tradition catholique et jusqu'au 5e siècle, on fêtait le 6 janvier toutes les manifestations de Jésus sur la terre, mêlant ensemble  : la naissance de Jésus, l'adoration des Rois mages, le baptême du Christ, certains miracles accomplis par Jésus et contés  dans la Bible (multiplication des pains au Lac de Galilée et changement de l'eau en vin pendant les noces de Cana).

Le mot "épiphanie", appliqué à cette date, vient du grec Ἐπιφάνια que l'on peut traduire par "tout ce qui apparaît à la surface".
Ce terme fut traduit en latin par le mot "apparition".

Après le 5e siècle, la fête de l'Épiphanie ne concerna plus que l'annonce de la naissance de Jésus aux Bergers et aux Rois-Mages.
Mais cette histoire mélange diverses légendes et, dans la Bible, seuls les Évangiles de Matthieu évoquent cet évènement.

Le récit de l'Épiphanie selon Matthieu, l'évangéliste

Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : " Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage. "
A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et s’enquit auprès d’eux du lieu où le Messie devait naître.
« A Bethléem de Judée, lui dirent-ils, car c’est ce qui est écrit par le prophète : “Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple”. »
Alors Hérode fit appeler secrètement les mages, se fit préciser par eux l’époque à laquelle l’astre apparaissait, et les envoya à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant ; et, quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que, moi aussi, j’aille lui rendre hommage. »
Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route ; et voici que l’astre, qu’ils avaient vu à l’Orient, avançait devant eux jusqu’à ce qu’il vint s’arrêter au-dessus de l’endroit où était l’enfant.
A la vue de l’astre, ils éprouvèrent une très grande joie.
Entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; ouvrant leurs coffrets, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner auprès d’Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin. »

Les Rois mages

Autrefois, le mot mage était employé pour désigner les prêtres de la Perse mais il pouvait aussi désigner des savants, des astrologues ou des devins.
Dans l’Évangile de Matthieu, les mages correspondent sans doute à des sages qui scrutent le ciel et y cherchent le sens des événements.
C’est ainsi qu’ils déduisent de la convergence des astres qu’un roi "pas comme les autres" vient de naître chez les Juifs.
Leur apparition possède un aspect symbolique : Ils viennent d’Orient, c’est-à-dire de l’est, là où le soleil se lève.

Depuis le cinquième siècle ap. J.C, on ajoute au récit que ces mages sont trois et qu'ils offrent trois cadeaux.
Au huitième siècle, la légende est complétée et des noms leur sont attribués : Melchior, Gaspard et Balthazar.
A partir du seizième siècle, époque des  grandes explorations géographiques, les mages vont acquérir une origine : Balthazar est un Africain, noir, Gaspard est un Asiatique, jaune,  et Melchior est un Européen, blanc.
On dit que l’un est vieux, l’autre d’âge mur et le troisième est jeune pour évoquer les trois âges de la vie.
Ils offrent de l’or, signe de royauté. De l’encens, signe de spiritualité, de divinité. De la myrrhe, résine du balsamier, qui était utilisé en onguent pour l’ensevelissement des morts et qui évoque le don que Jésus fera de sa vie.
(Source : http://catholique-versailles.cef.fr/Epiphanie)

La Théophanie dans l'Eglise orthodoxe

Dans l'église orthodoxe, l'Épiphanie est nommée Théophanie qui signifie "manifestation de Dieu".
La fête commémore le baptême du Christ dans le Jourdain.


Denis Diderot, Roi

Même les Encyclopédistes du 18e siècle jouaient à tirer les Rois ! On raconte que Diderot le fut trois années de suite. A cette occasion, en 1770,  il écrivit un court poème qui décrit bien l'évènement :
"Au frontispice de mon code, Il est écrit soit heureux à ta mode, car tel est notre bon plaisir.
Fait l’an septante et mil sept cent
Au petit Carrousel, en la cour de Marsan,
Assis près dune femme aimable,
Le coeur nu sur la main, les coudes sur la table.
Signé Denis, sans terre ni château.
Roi par la grâce du gâteau."

Les traditions

D'où vient la coutume de "tirer les Rois" ?

Au XIVe siècle, les chanoines de l’église de Sainte Madeleine de Besançon prirent l’habitude de tirer au sort leur maître de chapitre afin qu’il tienne la place du Roi des rois.
Un trône lui était dressé dans le choeur.
Son sceptre était une palme et il officiait la veille et le jour de l’Epiphanie.
L’office achevé, il devait offrir une collation aux autres frères.
Les prêtres procédaient à ce tirage au sort en plaçant une piécette de monnaie dans un pain.
Ce pain fut plus tard remplacé par une brioche.

Cette tradition essaima dans la société. Sous l’Ancien Régime, il fallait offrir un gâteau des Rois à son seigneur, au même moment que sa redevance.
Dans les familles, la galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette portion supplémentaire, appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge", était destinée au premier pauvre qui se présenterait.

Au 18e siècle, après la Révolution, la coutume persista mais on lui donna un contenu idéologique différent  :  la galette était servie lors de la Fête consacrée à l’égalité.
La fève, qui était le légume le plus courant de nos campagnes, devint l'objet du tirage. L'avènement de la bourgeoisie signifia la différence des classes sociales en attribuant la fève aux classes les plus basses tandis qu'apparaissaient les figurines de porcelaine, destinées à ces nouveaux notables.

Un Roi et une Reine

Aujourd'hui, on demande encore au plus jeune convive de se cacher sous la table et de désigner les parts de chacun.
Parfois, il est dit que la première part est celle de Dieu ou celle du pauvre.
Celui qui trouve la fève ou la figurine sous ses dents est désigné Roi et peut choisir sa Reine.
Parfois encore, pour rappeler le souvenir de Balthazar, le Roi doit se passer le visage au charbon avant d'aller embrasser sa Reine…

La Fête des Rois ailleurs dans le monde...

En Espagne, la fête de  "Los Reyes Magos" est bien plus importante que la fête de Noël. C'est un jour férié et c'est le jour de distribution des cadeaux aux enfants.
La veille, le 5 janvier, sont organisés des défilés dans les rues où l'on distribue des bonbons et des fruits confits.
Avant d'aller se coucher, les enfants déposent leurs chaussures pour que les Rois y mettent leurs cadeaux. On place aussi un sceau d'eau pour les chameaux et de la nourriture pour les Rois.
Quand les enfants n'ont pas été sages, les Rois leur offrent des morceaux de charbon en sucre !
Le 6 janvier, c'est la fête en famille. On partage un excellent repas et la couronne des Rois est sur toutes les tables. A l'intérieur, une pièce d'argent, une figurine de porcelaine ou un haricot sec.
La tradition veut que la personne qui tombe sur la fève paye le gâteau, et que la personne qui trouve la figurine soit couronnée roi ou reine.

En Belgique et aux Pays-Bas, la galette est aussi sur la table et le Roi dûment couronné.
Pendant la journée, les enfants vont chanter dans les rues et vont frapper aux portes pour recevoir des bonbons.

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En Italie, le 6 janvier, c'est la tradition de fêter "La Befana", une sorcière qui apporte des cadeaux aux enfants sages et du charbon aux autres. On raconte que les rois Mages, sur la route de Bethléem, demandèrent leur chemin à une vieille femme. Ils lui proposèrent de les accompagner mais la vieille ne voulut jamais les suivre.
Prise de remords, elle prépara un panier rempli de petits gâteaux et de fruits secs et se mit à leur recherche.
Quand elle rencontrait des enfants, elle distribuait ses cadeaux mais, jamais elle ne retrouva la caravane des rois Mages.

En Grèce,  la Théophanie est fêtée le 6 janvier.
On célèbre non pas l'annonce de la naissance de Jésus mais son baptême dans le Jourdain.
Les popes bénissent les maisons ou distribuent de l'eau bénite qui va chasser des foyers tous les mauvais esprits.
Dans le port d'Athène, le Pirée, les popes bénissent les eaux en immergeant un crucifix en mer.  Celui qui le ramènera malgré la froideur de l'eau à cette époque de l'année, sera béni par le pope.
La veille, les enfants chantent des "kalantas"  pour chasser les "kalikantzari" (démons) et les renvoyer sous terre.
La fête se prolonge par le partage d'un bon repas en famille.

Dans le sud des États-Unis, en Louisiane, du fait de l'influence française, on fête aussi les Rois qui ouvrent la période qui va jusqu'au mardi-gras. Le gâteau, est appelé  "King Cake". 

En  Allemagne, trois enfants déguisés en Rois mages, accompagnés d'une petite troupe font du porte à porte. Ils chantent des cantiques et collectent des dons pour  des oeuvres charitables. Ils bénissent les maisons en écrivant sur le mur à côté de la porte : C + M + B+ les deux derniers chiffres de l'année; les lettres signifient  "Christus Mansionem Benedicat"  (Le Christ bénit ta maison.).
On appelle ce petit cortège le "Sternsingen", les chanteurs étoilés.

En Autriche, les "Sternsingen" font un cortège pour commémorer la marche des rois mages.
A Salzburg, les "Gloklerläufen" se promènent dans les rues sous d'immenses chapeaux ornés de cloches.

En Angleterre, la fête de l'Epiphanie s'appelle "Twelfth night"  (la Douzième nuit). Dans la galette des rois, on met une fève pour le roi et un petit pois pour la reine.

En Suéde, on célèbre  "Trettondag Jul"  (le 13 ème  Jour après Noël).
Dans la tradition, pendant ces jours, les hommes ne devaient effectuer aucun mouvement rotatif car le temps était en quelque sorte arrêté.

En Hongrie existe une tradition identique à la tradition allemande des enfants déguisés allant de porte en porte.
Les petits Hongrois ne collectent pas d'argent mais vont présenter leurs voeux aux habitants.


Parlons cuisine !

En 1649, la reine Anne d’Autriche, ses suivantes  et le  jeune Louis XIV dégustèrent un gâteau des rois accompagné d’une bouteille d’hypocras.
Cette boisson très à la mode était confectionnée avec du vin, du sucre, de la cannelle, des clous de girofle et du gingembre.

Galette des rois, pâte d'amandeGalette des rois
Dans le
nord de la France, les galettes sont en en pâte  feuilletée fourrée à la pâte d'amandes.

Brioche en couronneGalette des roisBrioche en couronne - Galette des rois
En Provence
, la fève se glisse dans des brioches,  des tartes, des tourtes, des couronnes ou dans des fougasses des rois.
Il y en a pour tous les goûts !

Dans la région de Bastia,  on doit manger des lasagnes mais on partage également la "strenna",  qui est un chausson au brocciu frais, préparé pour Noël, le jour de l'An ou l'Epiphanie.
La fève est remplacée par un haricot ou une pièce.

En Espagne, le “Roscon de Reyes”, est une couronne briochée confectionnée avec de la farine, des œufs, du beurre, avec des fruits confits et des lamelles de citrons et d'oranges, ceux-ci symbolisant les rubis et émeraudes qui décoraient les manteaux des Rois Mages. A l'intérieur, un petit haricot ("haba") et une figurine de porcelaine.
Dans certaines régions en bord de mer, la galette des rois doit être striée comme un filet de pêche et contenir un petit poisson comme figurine.

Au Portugal, on mange le "Bolo Rei", un gâteau rond aux fruits confits.

Befanini, biscuits des RoisEn Italie, on mange une galette mais aussi les Befanini. Ce sont des petits gâteaux.

En Louisiane, on partage le 'King Cake", jusqu'à Carnaval.
Ce gâteau est une couronne de pâte briochée nature ou à la crème, ou encore aux pralines (noix de pécan plutôt que noisettes.)



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